Journées Internationales de Psychologie à Amiens (JIPA, 3-4 Novembre 2016)

Premier billet, mais surtout première communication d’envergure internationale et, qui plus est, autour du thème de la mémoire prospective (vous savez, cette mémoire à « effet retard » qui nous permet à tous de nous souvenir que l’on doit faire quelque chose à un moment précis dans le futur) ! Un prochain billet sera spécialement consacré à la présentation de ce concept. Pour celles/ceux qui ne me connaissent pas encore, autant vous dire que vous serez (à partir de maintenant c’est promis !) bercé(e)s au gré de ma passion pour la mémoire humaine en général…et peut-être même que parfois je parlerai de neuropsychologie, de méthodologie et de clinique (3 aspects de ce blog qui ne seront pas abordés isolément, avec toujours des références à la clé🙂 ).

En réunissant cliniciens et chercheurs de tout horizon (psychologie, gériatrie, pédiatrie, neurologie, orthophonie, etc.), l’objectif de ce colloque transdisciplinaire était de porter un regard sur les outils cliniques existants pour évaluer et prendre en charge cette mémoire prospective. Les outils actuellement en cours de développement au sein de notre laboratoire ont été présentés et testés par les différents professionnels lors d’un atelier clinique. Faire éprouver l’utilisation de ces outils à des professionnels qui connaissent bien le terrain en amont est fondamental pour construire, ensemble, des épreuves satisfaisantes, notamment en termes d’applicabilité clinique (et peut-être aussi pour réduire le fossé entre la recherche et la clinique..!). Au passage, merci à toutes/tous pour vos différents retours ! On prend note de tout cela pour vous fournir, à l’issue du projet dans lequel ma thèse s’insère, des outils adaptés à un usage en clinique.

Et quel projet ! Intitulé COPIMPRO (pour COnnaissance, Pratique et Imagerie de la Mémoire PROspective) et coordonné par Mathieu Hainselin (MCF à l’Université de Picardie Jules Verne, mais aussi fan d’IMPROvisation et de pédagogie à ses heures) ce projet vise à mieux comprendre le rôle de la motivation sur le mémoire prospective et… à développer une épreuve pour permettre d’identifier plus précocement ces difficultés chez le sujet âgé sain, chez des patients avec une maladie d’Alzheimer ou encore, victimes d’Accident Vasculaire Cérébral. Ce projet emprunte une démarche pluridisciplinaire en couplant l’approche psychologique avec des outils informatiques, d’imagerie (IRM) et d’électrophysiologie (EEG) afin de mieux comprendre le fonctionnement cérébral lié à la mémoire prospective.

jipa16Talk sur la prise en charge de la mémoire prospective

Cette présentation était une synthèse de l’état des connaissances sur la prise en charge en mémoire prospective. Du fait de son caractère composite, la mémoire prospective semble être une candidate appropriée aux programmes d’intervention proposant une approche multi-domaine.

Dans l’ensemble, les études montrent qu’il est possible d’en améliorer les capacités, mais n’en demeure pas moins que les preuves empiriques d’un transfert durable des bénéfices liés à son entrainement dans les activités de la vie quotidienne restent rares : 1) l’augmentation des performances en situation de laboratoire (via l’utilisation d’épreuves « maison » simulées expérimentalement et contrôlées par l’expérimentateur) semble principalement limitée à la tâche elle-même, et 2) on déplore le manque d’intérêt pour la question du transfert de ces gains à long terme. 

Ce constat amène à réfléchir sur le design des programmes d’intervention actuels. La mise en place d’une évaluation de suivi à plus long terme (2/3 ans et +) associé à l’utilisation d’épreuves à haute validité écologique favorisant le ‘train for the transfer‘ permettrait d’agir comme levier de généralisation des bénéfices de l’entraînement au quotidien.